François Géraud - Entrepreneur esport et coach mental

  • 1) En premier lieu, peux-tu nous en dire davantage sur ton parcours ?

  • Je suis François Géraud alias « The Coach », et je suis Coach Mental chez Oserv Esport. J’ai eu de nombreuses expériences, d’abord dans la Gendarmerie puis comme Formateur en Communication dans différentes entreprises. De ce que j’ai pu voir, les gens avaient besoin d’un soutien que ce soit pour leur métier, mais aussi dans la vie de tous les jours et le coaching mental pouvait le leur apporter.


    J’ai fait le lien d’abord avec les milieux sportifs. C’était important pour moi que les personnes en face de moi ne soient pas là parce qu’elles y étaient obligées, mais bien parce qu’elles voulaient personnellement augmenter leur efficacité. En ce qui concerne l’eSport, j’ai pris les devants en postulant auprès d’Oserv Esport et au fur et à mesure, voyant les résultats s’accumuler, je suis devenu le Coach Mental de la structure. J’ai accepté de répondre à l’interview d’Esport Insights, ce qui a grandement accéléré mon développement. Je travaille maintenant avec de plus en plus de clients et que ce soit d’autres structures ou des écoles spécialisées : le plaisir de partager et de voir les joueurs ou les coachs devenir de plus en plus efficace fait plaisir à voir.
    Aujourd’hui je mets au point un Discord qui a pour objectif de réunir tous les Accompagnants du Mental français afin de poser les bases de la pratiques pour tous.

  • 2) Quel est le rôle d’un coach mental dans l'Esport ?

  • Le rôle d’un coach en général, c’est d’être un support à la réussite des joueurs. Le mental, on peut le résumer à tout ce qui se passe au niveau intellectuel, nos pensées, nos émotions. Le Coach Mental va avoir pour mission d’optimiser le potentiel du joueur. J’apprends aux joueurs à gagner en autonomie sur la gestion de leurs émotions (que ce soit le stress, le tilt ou focus), à développer leur confiance et leur motivation.
    Toutes les réflexions d’une personne sont à considérer dans un cadre de pensée spécifique. Ce qu’on fait en tant que coach mental, c’est améliorer ce cadre autant que possible.

  • 3) Quels sont les outils pour parvenir à cet objectif ?

  • Il y en a beaucoup et plus notre « boîte à outils » est pleine, plus il est possible d’aider un grand nombre de personnes sur des sujets très variés. Pour ma part, je m’appuie principalement sur la Programmation Neuro-Linguistique (PNL), l’Hypnose Ericksonienne, l’Analyse Transactionnelle, la Process Com… En mixant différentes techniques comme celles-ci, on arrive à aider des personnes en s’adaptant à chaque situation.

  • 4) Quels sont les aspects que tu développes avec les joueurs Esport ?

  • On travaille le stress des joueurs en essayant de leur faire intégrer une autre façon de penser. C’est à l’aide de la Programmation Neuro-Linguistique que l’on parvient à définir une autre approche avec le joueur. Dans l’idée, on définit un tout autre cadre qui rend une situation stressante parfaitement gérable.


    Généralement, le stress amène au Tilt et à un mauvais Focus, les trois maux des joueurs.
    D’ailleurs, il y a souvent une mauvaise conception du Focus en pensant qu’il faut toujours être le plus Focus possible. Il y a un niveau spécifique à atteindre, et il s’appelle l’État de Flow. C’est un équilibre entre le geste appliqué et l’excitation du moment. Dans un extrême comme dans l’autre, il est difficile pour le joueur de parvenir à ses fins. L’objectif est de trouver ce juste milieu qui permet au joueur d’être réactif et attentif.


    En ce qui concerne le Tilt, il y a aussi un malentendu sur le terme. On assimile souvent celui-ci à la colère alors qu’il s’agit tout simplement d’un lâcher-prise involontaire du cerveau. Face à une demande continue trop intense, le cerveau lâche les manettes et à ce moment-là, on ne comprend plus pourquoi rien ne fonctionne. La première émotion qui vient dans ce genre de situation c’est la colère parce qu’on veut faire quelque chose sans y parvenir.

  • 5) Le coaching mental c’est avant tout un moyen d’améliorer les performances du joueur ou de rendre le joueur plus performant ?

  • La personne est aidée sur tous les aspects de sa vie avec le Coaching Mental. En aidant quelqu’un à avoir une meilleure estime de soi, la personne peut se retrouver avec une meilleure confiance. Le joueur qui a été coaché va peut-être apprendre à mieux communiquer au sein d’une équipe par exemple. Cet apprentissage, il parviendra à le réutiliser dans le quotidien et fera des rencontres qu’il n’aurait pas faites sans cela.

  • 6) À quoi ressemble une semaine type de Coach Mental ?

  • Il y a trois temps dans ma semaine de Coach Mental. Le premier, qui est un des plus importants, concerne la formation des joueurs. Je pense qu’il est très important de former les futurs joueurs à un bon mental. Ces jeunes vont un jour arriver dans de grandes structures et ils doivent avoir dès le départ les mentalités qui leur permettront d’évoluer au maximum.


    Le second aspect, c’est le coaching au quotidien. Je mets en place le coaching, il y a une prise de contact pour définir des objectifs et faire une analyse préliminaire. À partir de là, on définit une durée de coaching. Je segmente le coaching en module selon les priorités de chacun, j’évalue la personne sur des critères objectifs, mais aussi subjectifs propres à la personne. Certaines fois, des joueurs n’arrivent pas à mettre en application leurs apprentissages en LAN. Je les accompagne pour assurer un suivi durant la compétition et qu’ils puissent gérer les défaites comme les victoires avec le meilleur mental.


    La troisième partie est purement entrepreneuriale. Pour ma part il s’agit d’entretenir Galibelum.fr, entretenir la notoriété de l’eSport en France, mon image en tant que « The Coach », mais surtout développer le Coaching Mental en général. Il s’agit de trouver des entrepreneurs bienveillants à l’égard de l’eSport et du Coaching Mental. De plus, j’essaye de réunir des coachs, sociologues, Accompagnants du Mental afin de mettre en commun nos idées sur un même Discord.

  • 7) Comment est perçu le Coaching Mental par les différents acteurs que tu rencontres ?

  • Cela peut changer d’un joueur à l’autre. Certains ont un mental qui leur permet déjà de réaliser leur objectif et ils ont plus de mal à ressentir un besoin de coaching. Mon travail chez Oserv Esport est très apprécié par la structure et depuis mon arrivée, le niveau de leur équipe a beaucoup augmenté. Les nouveaux joueurs ne sont généralement pas habitués à avoir l’aide d’un Coach Mental. C’est perturbant pour la plupart, mais j’essaye de les familiariser à une structuration professionnelle de l’eSport.


    Les anciens joueurs ont généralement un bon avis sur la profession. J’ai dans l’ensemble de très bons retours sur le Coaching Mental parce que les joueurs qui ont été coachés témoignent du bienfait de l’exercice. Le grand public n’a pas forcément compris tout de suite l’intérêt. C’est en allant pas à pas, au travers d’une démarche pédagogique, que l'on parvient à faire comprendre ce que peux faire que le coaching mental.

  • 8) [Conseil du Chef] - Est-ce que tu aurais un conseil de Coach Mental pour les joueurs qui voudraient se lancer dans l’Esport ?

  • Habituez-vous à l’erreur, à la défaite, car c’est ce qui est le plus formateur. Certains joueurs explosent de colère face à la défaite alors qu’ils devraient en être ravis ! Une équipe qui ne perd jamais, elle ne peut pas apprendre de ses erreurs. L’apprentissage passe par l’échec pour comprendre où sont les erreurs. Des équipes professionnelles vont par exemple s’entraîner 5 semaines consécutives à la défaite, mais le jour du match décisif, elles ne feront plus les mêmes erreurs et c’est comme ça qu’elles décrochent la victoire.


Le tuto

Fiche métier

Focus recruteur

Le plus grand stade du mondela FanRoom digitale de référence des fans de sport Le Premier Espace de jeux Communautaires

N'hésitez pas à consulter une autre de nos interviews