Mylène Lourdel – Freelance / Consultante en Marketing et Communication

  • 1) Tout d’abord Mylène, pourrais-tu nous présenter ton parcours ?

  • Adolescente, quand j’ai dû commencer à réfléchir à mon orientation, le jeu vidéo s’est imposé comme une évidence (j’étais trop petite pour être pilote d’avion et pas assez studieuse pour tenter l’école vétérinaire). Je n’avais qu’une vague idée du métier que je voulais exercer. J’ai donc fait un DUT Services et Réseaux de Communication (devenu Métiers du Multimédia et de l’Internet) pour avoir une vision d’ensemble, tout en pensant devenir développeur. Je me suis assez vite rendu compte que le code ne me plaisait pas, pas plus que le graphisme. J’avais également eu quelques cours de Marketing et de Communication (où nous parlions du télégraphe !) mais rien qui ne m’ait vraiment convaincue. Je pensais poursuivre mes études en Chef de Projet Web.


    En fin de deuxième année, j’ai obtenu un stage chez ANKAMA, en tant qu'assistante Chef de Projet. En effet, j’étais une joueuse assidue de DOFUS et j’étais très investie dans la communauté. En allant aux ANKAMA Conventions, j’ai noué des contacts dans l’entreprise et c’est ainsi que j’ai décroché mon stage. J’étais en charge de la création des concepts vidéo et de l’écriture de ces dernières. Je suis également assez vite passée devant la caméra. Lorsque mon stage s’est terminé, on m’a proposé de rejoindre l’équipe Marketing qui venait tout juste d’être créée. Je suis devenue Assistante Chef de Produit sur DOFUS. J’apportais mes connaissances sur le jeu et, en échange, j’apprenais sur le tas le marketing et la communication.


    Trois ans après, on m’a proposé de remplacer le chef de produit qui partait. Je suis restée deux ans dans ce rôle. Après cela j’ai eu envie de changer d’air et de partir à l’étranger. J’ai eu l’opportunité de rejoindre la Pologne, chez CD PROJEKT pour m’occuper de la France et la Belgique pour la plateforme GOG.com. Quelques semaines plus tard, j’emménageais donc à Varsovie. Cette expérience a été très enrichissante.


    Finalement, en juin 2017, après un an et demi au pays des Pierogis, je suis rentrée en France pour des raisons personnelles et je me suis lancée en Freelance.

  • 2) Quel rôle a joué ton stage de 5 mois à Ankama lors de ton recrutement ?

  • Sans ce stage, je n’aurais jamais eu le poste, j’en suis certaine. Sans expérience en marketing, je pense que je n’aurais même pas obtenu un entretien. Mais en 5 mois, je me suis très bien intégrée à l’entreprise, j’ai participé à plusieurs projets différents et j’ai su montrer que j’adorais vraiment le jeu sur lequel je travaillais. Je pense que c’est cette passion qui a plu. Je sais que, alors qu’ils cherchaient à recruter pour ce poste d’assistant, le chef de produit à proposé mon nom à l’un des patrons. Ce dernier ne savait apparemment pas que je devais partir car le service vidéo n’embauchait pas. Il a donné de suite son accord pour que l’on me propose le poste.

  • 3) En quoi consistaient tes missions en tant que Brand Manager Dofus, auprès d'ANKAMA ?

  • J’étais un couteau-suisse du marketing, et c’est ce que j’adorais ! Pour entrer un peu plus dans les détails, il y avait surtout deux types de missions : le long-terme et le court-terme. Dans court-terme, j'inclus la gestion de la boutique, le renouvellement des cadeaux d’abonnements, les offres spéciales et les newsletters. Dans le long-terme, il y a les gros projets qui s’étendent sur plusieurs mois. Par exemple, j’ai imaginé une refonte du système d’abonnement : avant, chaque durée d’abonnement avait ses propres cadeaux. Désormais, chaque durée d’abonnement permet d’obtenir un cadeau unique, plus tous les cadeaux des durées d’abonnements inférieures. J’ai aussi modifié le système de parrainage (qui a été remodifié depuis) ou encore participé à la réflexion sur la nouvelle bourse aux ogrines automatique (qui permet d’échanger la monnaie du jeu contre de la monnaie réelle, achetée en euros). En plus de cela, je participais aux évènements IRL avec de l’animation de scène, j’assistais l’équipe communication pour imaginer les plans de communication concernant les mises à jour et j’inventais des animations communautaires, que ce soit en jeu ou sur le site, pour améliorer la rétention.

  • 4) Quelles compétences, développées chez ANKAMA et GOG.com, on fait de toi une sorte de « couteau suisse » digital ?

  • Finalement, c’est un peu arrivé par la force des choses. Chez ANKAMA, nous étions deux pour gérer tout le marketing France et international lorsque j’étais assistante. Je m’occupais essentiellement du court terme et des animations communautaires, ce sont donc des compétences que je maîtrise désormais. Puis, lorsque je suis devenue Chef de Produit, je n’avais plus d’assistant, seulement des stagiaires. J’ai dû apprendre à gérer plusieurs projets à la fois et à bien m’organiser. Entourée du Directeur marketing, j’ai appris à régir un gros projet de A à Z, de la conception, à l’écriture du cahier des charges, jusqu’au suivi et à la mise en place. J’ai aussi commencé à faire de l’analyse de données, un domaine que j’aime beaucoup.


    Chez GOG.com, j’ai pu compléter mon profil en m’occupant des réseaux sociaux et des forums et en gérant les relations presse, influencers et partenaires, des tâches que je n’avais jamais effectuées chez ANKAMA. J’ai donc eu la chance de toucher de plus ou moins loin à toutes les tâches relevant du marketing et et de la communication pour les jeux-vidéo.

  • 5) [Instant PUB] : Tu es membre active pour Women In Game. Peux-tu nous en dire davantage sur cette association ?

  • Women in Games France est une association professionnelle œuvrant pour la mixité dans l’industrie du jeu vidéo en France. Elle est ouverte aux femmes et aux hommes. L’objectif de l’association est de doubler le nombre de femmes dans l’industrie en 10 ans. Pour cela, l’association mène des actions à travers 4 axes principaux : améliorer la visibilité des femmes de l’industrie, communiquer auprès des jeunes filles sur les métiers du jeu vidéo, faciliter le réseautage et sensibiliser les acteurs du secteur à l’intérêt de la mixité.


    Je m’occupe du pôle Intervenantes, qui permet d’améliorer la visibilité des femmes dans l’industrie. Pour faire simple, nous constituons une liste d’intervenantes expertes dans leur domaine. Nous l’utilisons ensuite pour aider les organisateurs d’évènements à avoir plus de femmes dans ces derniers, que ce soit pour participer à des tables rondes, animer des conférences ou aller parler de jeux-vidéo dans les écoles et les médiathèques. Notre but est d’avoir des évènements plus mixtes car, trop souvent, les organisateurs n’invitent les femmes que pour parler de sujets tels que la mixité dans les jeux vidéo ou encore l’image de la femme dans les jeux-vidéo. Le meilleur moyen de montrer que la mixité se doit d’exister dans notre domaine n’est-il pas de montrer que les femmes peuvent également parler de Direction Artistique, de développement et de tous les autres domaines de notre industrie ?

  • 6) Quels ont été les facteurs t'ayant décidé à devenir consultante freelance ?

  • Il y a d’abord eu la localisation. J’habite en Ardèche, une région où il n’y a pas de studios. Ensuite, j’avais envie de tenter l’expérience en solitaire, tout en sachant que cela n’allait pas être de tout repos. Pourtant, cela me permet d’être ce fameux « couteau suisse » ; ce que j’apprécie, en effectuant différents types de missions sur différents projets. Mon objectif à terme est d’être une experte du territoire français et d’aider les studios indés à obtenir de la visibilité via la presse, les influencers et différents partenaires en France. J’aimerais aussi pouvoir décharger certains studios de tout le côté marketing et communication en gérant pour eux les relations avec les éditeurs, les agences de presses internationales et les plateformes de distributions.

  • 7) Enfin, le conseil du Chef : Lorsque l'on a, comme toi, de nombreuses compétences transverses, comment conseillerais-tu de les valoriser lors d'un entretien de recrutement ?

  • Question difficile. Pour être honnête, je pense que cela ne fonctionne pas partout. Dans une grande entreprise, ils ont tendance à préférer les profils experts très spécialisés dans un domaine, ce qui n’est pas mon cas. Je pense que le mieux est de viser des petites ou moyennes structures et de démontrer que l’on est polyvalent, car c’est toujours un argument de taille dans ces entreprises. Il faut également montrer que ces compétences se complètent pour former un tout. Et surtout, démontrer que vous aimez apprendre de nouvelles choses et donc que vous serez à même de vous adapter aux besoins de l’entreprise.

N'hésitez pas à consulter une autre de nos interviews