L'homme de l'ombre, plutôt visible ! 

  • 1) Si j'en crois ce que le reporter en herbe que je suis a trouvé sur la toile à ton sujet, tu es un mexicain sans papier élevant des ornithorynques que tu revends au marché noir. Que peux-tu nous apprendre d'autre sur toi ?
  • *rire … ha oui c'est vrai que j'avais écris ça … Mer*e … J'avais oublié … Bon, alors déjà, c'est très étonnant que j'en sois là aujourd'hui : j'ai eu un parcours « typique » jusqu'au lycée, puis ensuite je me suis engagé dans des études pour devenir manager d'équipes de développement de jeux vidéo. Et j'ai réussi à rentrer chez Eclypsia totalement au culot (grâce à Max, qui était un camarade de promo!). Avec Max on faisait un podcast sur le jeu vidéo pour notre école, et après avoir vu Chips et Noi, puis Pomf et Thud, il m'a dit « faut qu'on fasse exactement la même chose mec, sur Dota 2 ». J'y croyais moyennement, mais Max m'a tanné, vraiment, durant des jours et des jours, pour qu'on se lance sur ce créneau. Et finalement j'ai lâché prise et accepté... On a fait du cast tous les jours, pendant 1 an. Ma chambre était voisine de celle de mes parents et tous les jours ils me disaient « mais tu fais quoi, on t'entend crier jusqu'à 2 heures du matin ? ». Pour te dire, quand mes parents ont agrandi leur maison, ils ont construit une annexe, et ma chambre a été déplacée dans l'annexe ! Et à la suite de ça, on a été repéré, et pris en stage à Eclypsia par Ruurk. Et de fil en aiguille, j'en ai fait mon (mes) métier(s).
  • 2) Comment passe-t-on de manager d'un point de vente à Production Manager chez Eclypsia en 5 ans ?
  • Alors déjà, j'étais pas vraiment manager d'un point de vente, mais plutôt remplaçant du manager lors des différentes périodes de vacances. Pour autant, je n'avais aucune formation dans la vente, j'étais même un mauvais vendeur, mais c'était un métier qui me plaisait puisqu'il touchait au monde du cinéma (je travaillais dans un vidéo-club). Toujours est-il, pour en revenir à ta question, que ce qui m'a permis d'arriver là c'est d'abord Max qui m'a harcelé pour faire ces fameux casts de Dota 2 ; ensuite mon investissement une fois rentré chez Eclypsia (durant 6 mois on faisait avec l'équipe du 9h00 – 00h00) ; et pour finir c'est d'avoir toujours rencontré les bonnes personnes au bon moment.
  • 3) Une journée type ?
  • Très souvent, c'était beaucoup de mailing le matin. Dans des structures comme Eclypsia, il y a beaucoup de partenaires, et donc beaucoup d'e-mails à gérer de type propositions commerciales, annonces d'event, tableaux de bord et statistiques, etc etc. Et tu y passes ta matinée. Et après, c'est davantage plus de la roue libre : pas mal de réunions, de concepts de création d'émissions TV, trouver le remplaçant du streamer qui n'est pas là aujourd'hui (déplacement, malade, et parfois même oubli de son planning ….), de l'optimisation d'habillage, des commandes à créer, de la création de planning saisonnier, et bien entendu la gestion de l'humain (échange de créneaux de stream, conflits, etc).
  • 4) A ton sens, quelles qualités doit avoir un Production Manager auprès d'une Team aussi connue ?
  • Il faut déjà se sentir légitime en tant qu'intermédiaire entre la direction et les streamers. Et bien entendu, accepter de se prendre des claques des deux côtés (puisque d'un côté on reçoit des objectifs de la part de la direction et donc, quand on ne les atteint pas, on se fait taper sur les doigts, et de l'autre on doit manager les streamers, et quand ils ne sont pas contents, ils le font savoir …). Ensuite, il faut être hyper investi et s'intéresser à tout, car l'on gère beaucoup beaucoup d'informations différentes, quelles soient techniques, commerciales, marketing, manageriales, etc etc. Enfin, il faut s'en cesse se remettre en question car tout est tout le temps en changement sur internet.
  • 5) [Instant PUB] : la ZT Production, c'est quoi ? Quelles évolutions sont à prévoir à court terme ?
  • C'est … beaucoup beaucoup de choses ! Il y a la Web TV ZeratoR, il y a un studio de jeux (on travaille actuellement sur un jeu 2D qui devrait voir le jour courant 2017), des events géniaux (que l'on crée, comme au Grand Rex d'ici quelques semaines pour Trackmania, ou pour lesquels on participe, comme le Zénith de Toulouse pour la retranscription des World Series, l'E3, la Gamescom, etc). Donc on donne de la tête partout, on suit ZeratoR dans ses délires et on s'amuse comme des petits fous. Et c'est en grande partie grâce à la mobilisation qu'il est capable de créer. Moi je suis halluciné de voir à quel point sa fan-base est drôle, mature et hyper loyale. C'est un plaisir que d'aller à la rencontre de tous ces gens.
  • 6) Des recrutements sont-ils envisagés auprès de la ZT ?
  • Globalement c'est tôt. Mais effectivement il y aura des recrutements à prévoir pour la conception de nos jeux vidéo, et ce à moyen terme, c'est à dire horizon 2017. Donc là on espère déjà que le premier jeu plaira, qu'il trouvera son public, puis on en sortira un second. Si ces deux premiers sont un « succès », alors effectivement on envisage de développer nos équipes.
  • 7) Enfin, le conseil du Chef : Que dirais-tu aux parents dont l'enfant souhaite se diriger vers les métiers de l'eSport (d'animateur TV à concepteur de jeux vidéo en passant par community manager), et qui ont la sensation qu'il s'agit d'une « berlue de gamin » ?
  • Alors déjà, Chers Parents, je suis d'accord avec vous : ce monde (du jeux vidéo) peut faire peur ! D'après moi, il est important que vous vérifiez s'il s'agit effectivement d'une lubie passagère, ou d'un véritable projet passion. Donc poussez votre enfant dans ses retranchements, posez lui de vraies questions pour vous assurer de son projet, faites lui faire des recherches complémentaires et analysez ensuite s'il les a faites sérieusement ou à la va-vite. Moi par exemple, mes parents ont compris que j'étais sérieux alors que j'avais 14 ou 15 ans, et qu'à l'achat de chaque jeu vidéo, j'achetais la version collector et je consultais le making-off et tout ce qui touchait à la partie création / conception du jeu en lui-même, et ce systématiquement. Et le deuxième point, je pense que si votre enfant est entêté, et que d'année en année, il ne change pas de projet, il ne vous reste que deux choix, soit en faire un frustré et le convaincre/forcer à faire autre chose, soit vous lui faite comprendre qu'il lui faut une solution de replis, généralement au travers d'études, et qu'il peut tenter de percer en même temps qu'il poursuit ces études. Si vraiment c'est sa passion, si c'est un vrai projet, alors ça ne lui posera pas de problème de « travailler » après ses cours en faisant des streams, des rédactions, du développement, etc. Pour vous, ce sera un bon indicateur de sa motivation !